Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature

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Canal Fure et Morge : la passe à poissons de Poliénas est achevée

Avec l’abaissement du lit de l’Isère, tous ses affluents tombaient de haut quand ils rejoignaient la grande rivière du département[1]… Ce ne sera plus le cas pour le canal Fure et Morge, et la FRAPNA s’en félicite. Cet ouvrage de 200 000 €, financé à 80% par l’agence de l’eau et 20% par l’Association Départementale Isère Drac Romanche maitre d’ouvrage (elle-même financée par le Conseil Départemental de l’Isère – 50% , les intercommunalités – 25%- et des associations départementales – 25%), vient d’être achevé par la société Burgeap. Une petite victoire pour la biodiversité locale.

BURGEAP Passe Poissons Canal Fure Morge Isère

Quel est l’intérêt de cette réalisation ?

Tout simplement de rétablir la continuité biologique entre l’Isère et le plus important de ses affluents entre le Furon à Sassenage et la Bourne à Saint Nazaire-en-Royans. Les premiers intéressés sont les poissons qui auront libre circulation sur des kilomètres de rivière : presque 8km pour le canal, plus de 3km pour la Fure et au moins 7km pour la Morge, sans compter leurs affluents qui drainent toute la plaine entre Tullins et Moirans sur un nombre encore plus important de kilomètres. En amont, les seuils restant tant sur le Fure que sur la Morge pourront être contournés, équipés ou supprimés afin d’augmenter encore le domaine accessible à partir de l’Isère, au moins jusqu’à Rives et Voiron.

Ainsi, la vie des espèces piscicoles sera facilitée, et pas seulement celle des truites, mais aussi celle de tous les autres poissons (chevesnes, barbeaux pour citer les hôtes les plus habituels) et même celle des ombres communs dont une population relictuelle semble se maintenir dans l’Isère. Remonter un cours d’eau et le descendre librement signifie pour eux non seulement accéder aux frayères pour se reproduire mais aussi se protéger des crues et des étiages, plus ou moins naturels, esquiver les éclusées et les décharges de barrages, se mettre momentanément à l’abri des pollutions accidentelles, et tout simplement chercher sa nourriture. La possibilité de se déplacer dans le réseau hydrographique pour accomplir l’intégralité de leur cycle de vie est nécessaire au maintien et à la résilience de la plupart des espèces y compris et surtout nos espèces patrimoniales en danger comme le chabot ou la lamproie de Planner, ou en régression comme la suiffe (nom local du blageon). C’est une question cruciale face au changement climatique.

Une pièce de plus dans un jeu de puzzle dont la biodiversité est l’enjeu

C’est un pas important dans la reconquête de la biodiversité, et une pièce de plus dans le puzzle que constitue la restauration de la continuité sur l’Isère le Drac et la Romanche ; une pièce qui vient après la confluence du Ruisset à Noyarey réalisée par la Fédération de Pêche.

Une réalisation couteuse mais indispensable qui mériterait une certaine publicité pour que les cyclistes qui n’ont pas pu emprunter la digue pendant de longs mois (et tout simplement les contribuables), connaissent cette mission méconnue menée par l’Agence de l’Eau et les collectivités : améliorer et préserver l’environnement naturel.


[1]Dans une rivière endiguée, les confluences naturelles des affluents doivent être déplacées vers l’aval afin de leur permettre de se déverser sans créer de points bas dans la digue par lesquels l’eau inonderait les terres que les digues étaient sensées protéger. Le canal Fure et Morge n’a pas d’autres origines que cette nécessité. De sorte que les cours d’eau affluents de ces rivières se retrouvent perchés à plusieurs mètres au dessus du lit de ces dernières et la connectivité piscicole est limitée aux périodes de crue de l’Isère. Cet effet est encore aggravé par l’« incision » du lit, (enfoncement du lit dans les alluvions) provoquée par la combinaison entre le resserrement du lit du fait de l’endiguement et la baisse du flux sédimentaire soit par rétention des alluvions dans les barrages soit par les extractions de granulats dont ces lits ont été le siège au siècle dernier.

Crédit photo : Burgeap

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